[à poursuivre / démonstrateur]

Questions auxquelles le projet pourrait répondre :

De plus en plus de cantiniers-ères font l’effort d’un approvisionnement en produits locaux et de saison. Mais les enfants le savent-ils toujours ? Et leurs parents ? Ne manque-t-on pas là une excellente occasion d’éducation à l’environnement et au territoire ?

Principe :

Dans un contexte de forte demande croissante en produits locaux et en produits de qualité pour les cantines, la mise en place d’une signalétique commune « territoire à haut débit alimentaire » pourrait remédier à cette sous-valorisation : carte des producteurs, fiches de présentation des fermes, étiquettes pour les plats concernés, panneaux extérieurs pour l’info menus aux parents…

Les enfants pourraient prendre conscience qu’ils consomment les produits de fermes juste à côté de chez eux et s’éveiller à une connaissance renouvelée de leur territoire, de la réalité agricole, etc. Et les parents aussi !

Tant le métier de production que celui de cuisiniers-ères serait ainsi mis en valeur, tout en mettant en lumière ces points forts du système alimentaire local. Les familles pourraient disposer ainsi d’informations leurs permettant d’aller sur les fermes mêmes, dont plusieurs proposent des accueils pédagogiques, de la vente à la ferme, etc.

Mise en œuvre de l’expérimentation (été 2016)

C’est le lundi 18 juillet 2016 à 9h30 que la première expérimentation « communication et sensibilisation en cantine » a débuté. Véronique BONNAUD (cuisinière à Champagnat), Brigitte MARIE (cuisinière à Clugnat), Séverine MAISSA (parent d’élève) et toute l’équipe du HDA s’étaient données rendez-vous devant l’école de Champagnat pour un reportage photographique chez 3 producteurs.

L’occasion pour nous de rencontrer 3 des fournisseurs locaux de la cantine de Champagnat (Christian JOUANDEAU, éleveur à Champagnat / l’EARL POUTARD à Puy Malsignat / Christine et Louis VERDUIJN, maraîchers à Mainsat), et un prétexte pour échanger avec eux sur le fait de communiquer auprès des convives.

Cette matinée de visites a ainsi permis de dégager plusieurs idées et actions à envisager:

  • mettre en avant les cantines impliquées par un visuel extérieur (logo, enseigne de rue…) commun à tous les établissements impliqués (en lien avec la communication des commerçants impliqués)
  • un relooking façon salle de restaurant pour faire du repas un moment convivial
  • des actions connexes qui permettent de maintenir une communication dans la durée et avec l’ensemble des acteurs comme, les visites de ferme pour les enfants, un repas à la cantine une fois par an proposé aux élus et parents-d’élèves…

Résultats atteints (octobre 2016) :

Une mise en place test a ainsi été faite assez rapidement après la rentrée de septembre dans la cantine de Champagnat souhaitant s’engager dans la démarche d’expérimentation. Les retours de ce premier test nous guideront pour l’éventuel déploiement plus large de la proposition.

Cadres photos de producteurs pour décorer la salle de restaurant, panneau signalétique à l’entrée de l’école… c’est à l’occasion d’une rencontre avec quelques parents (réunion test « commission menu »), qu’Adrien DEMAY (DTA) a apporté ces 2 supports à la cuisinière.

Portage :

Véronique BONNAUD (cuisinière de Champagnat), Annie CHAUSSAROT (collège d’Auzances), Roger GALLAND (maire adjoint Jarnages), Mathieu COUTURIER (éleveur Lussat), Séverine MAISSA (Pays et parent d’élèves), Brigitte MARIE (cuisinière de Clugnat), Christian HOJLO (élu à Lavaveix), Stéphane KINET (cuisinier à Auzances)…

Limites :

Les cuisiniers-ières éprouvent une grande difficulté pour impliquer élus et parents d’élèves. Ces derniers n’attendent pas nécessairement une implication forte mais au moins un retour sur le travail réalisé et la possibilité pour eux de pouvoir s’exprimer sur l’avancée de cette introduction de produits locaux (intervention en conseil de classe, conseil municipal ou communautaire…).

Derrière cette problématique de la communication en cantines, apparaissent 2 niveaux d’intervention à savoir :

  • la communication et information auprès de l’ensemble des acteurs du principe des “cantines en mouvement”. Certaines (membres du JALON 1) ont acquis une expérience non négligeable en matière d’approvisionnement local, constituant un élément positif pour le territoire (image du territoire, attractivité, économie locale, santé…)
  • la sensibilisation et communication, une action qui s’inscrit dans la durée et qui permet, d’associer des acteurs clés pour agir en faveur du projet alimentaire de territoire. Nous sommes ici davantage sur des actions à la carte et qui répondent à des besoins précis dans les écoles. Par exemple, le souhait pour certains établissements de travailler sur le gaspillage alimentaire, une action qui peut s’inscrire autant sur les temps périscolaires ou dans le cadre du projet pédagogique des enseignants. Ainsi, nous ne touchons pas directement à la question de l’approvisionnement local mais ces actions transversales contribuent fortement à proposer une alimentation locale et de qualité aux enfants notamment.

Prolongements :

Après la conduite de cette expérimentation, une nouvelle rencontre en novembre 2016 qui réunissait cette fois-ci un élu et trois cuisiniers-ères a permis de faire un premier bilan après quelques semaines d’utilisation et d’envisager ainsi une suite à cette action de communication. Le premier constat est la faible mobilisation des acteurs directement concernés par le thème.

Pour ce qui est des portraits de producteurs dans la salle de restaurant, les retours des enfants sont très positifs car ils permettent d’agrémenter la salle et donc de rendre le temps du repas plus convivial. Ils permettent aussi de mettre un visage sur le produit qu’ils sont susceptibles de retrouver dans leur assiette et d’instaurer par la même occasion un dialogue avec la cuisinière (exemple de Champagnat avec Véronique BONNAUD).

L’enseigne de rue apposée sur la grille à l’entrée de la cantine est visible et appréciée des personnes qui ont pu l’apercevoir (aussi bien des habitants de la commune que des personnes extérieures. Néanmoins, les retours des parents notamment, sont limités. Ne faut-il pas envisager un emplacement plus stratégique comme l’entrée de l’école ? Un travail de repérage sera donc nécessaire pour une communication efficace.

Déroulé de l’action :

1/ Une première phase “communication et information” fait donc l’unanimité auprès des structures membres du JALON 1 qui souhaitent inscrire cette action au programme du HDA en 2017.  Plusieurs objectifs à travers cette action de communication “cantines en mouvement” :

  • communiquer sur l’expérience déjà acquise par certaines cantines
  • se doter d’une charte graphique commune et harmoniser les supports
  • susciter le débat et l’interaction avec les enfants, parents, élus, habitants…
  • affirmer la relation de confiance entre les cuisiniers-ières et les producteurs (transparence des pratiques)

Dans le cadre du HDA, le Pays Combraille en Marche souhaite donc proposer aux collectivités impliquées et engagées dans une démarche d’introduction de produits locaux (communes et communautés de communes), la mise en place d’une prestation de services avec les composantes exposées ci-après.

Le portage de cette action fera l’objet de discussions avec les collectivités. Quoi qu’il arrive, le Pays se propose de coordonner cette action en associant le plus possible les acteurs déjà mobilisés sur la phase de test.

L’enseigne de rue : la version martyre de l’enseigne testée, semble convenir car elle interpelle et son message est simple et efficace. Un travail de création graphique permettra de remodeler les visuels et les messages du support. Il en va de même sur la conception du support comme la taille, la durabilité ou encore la possibilité d’afficher chaque semaine le menu. Même si les acteurs souhaitent conserver le nom “Haut débit alimentaire”,  ils précisent que le support doit aussi refléter cette image positive qu’ont acquis ces structures. En effet, elles proposent aujourd’hui une alimentation locale et diversifiée, qui ne correspond pas nécessairement à la définition de “cantine” et ne faut-il pas finalement changer de dénomination, en parlant par exemple du “petit resto de l’école”.

La communication en salle : celle-ci reste encore à définir même si les cuisiniers-ères s’entendent pour dire qu’elle doit transmettre le message et même dès le plus jeune âge, de “pourquoi c’est bon et bien de manger local”. Ce qui sous entend qu’au-delà du fait de raconter une histoire autour d’un produit ou d’un producteur, cet outil doit aussi mettre en évidence les bienfaits collatéraux (économie locale, santé, environnement, identité, culturel…). Par ailleurs, ces supports pourront être composés de différents visuels comme des photos ou croquis de producteurs, afin de ne pas oublier une composante majeure des circuits courts, le côté humain. Bien entendu, le prestataire retenu pour ce travail devra adapter les messages aux différents publics, petits et grands, en ayant par exemple une approche ludique dans la conception du support. Enfin et comme pour l’enseigne de rue, le format sera à déterminer avec les cuisiniers-ères en fonction des besoins et de l’utilisation.

Autant les enseignes de rue sont communes à tous les établissements, ce qui facilite le travail de création et de conception, autant la communication dans les salles de restaurants est propre à chaque structure (chaque cantine a ses producteurs en quelque sorte). Le groupe de suivi de cette action devra apporter des réponses à des questions comme, devons-nous partir sur un lot de 20 supports différents qui tournent sur l’ensemble des cantines ou alors, chaque cantine réalisera un ou plusieurs supports qui met en avant l’état d’avancement de leur approvisionnement ?

Actions connexes : afin d’officialiser le lancement des nouveaux supports et de cette nouvelle charte graphique, cette dernière pourra être déclinée en flyers pour communiquer auprès des parents d’élèves. Les cuisiniers-ères proposent également pour septembre 2017 (période de lancement de cette communication), une journée “tous au resto” mais version restauration collective, un bon prétexte pour les parents de rencontrer ces “Toques HDA” et de découvrir ce que leurs enfants mangeront.

En aucun cas, ces outils viendront remplacer le travail réalisé par ces acteurs de terrain et notamment celui des cuisiniers-ères.

2/ Une seconde phase davantage tournée sur la sensibilisation et communication reste encore à construire. Il s’agit certainement d’une seconde vague de “communication” ou d’une action principalement réservée à des structures / établissements qui souhaitent envisager les « outils » nécessaires à la mise en place d’un programme éducatif.

Il s’agit donc ici d’identifier les acteurs intéressés par ce type de démarche et de proposer ensuite et durant toute l’année scolaire, un accompagnement pédagogique sur l’alimentation et ses sujets transverses. Cet accompagnement aura ainsi plusieurs objectifs :

  • proposer un accompagnement à la carte et en fonction des besoins
  • faire un état des lieux et proposer des pistes d’actions
  • créer du lien entre acteurs
  • mettre en place des outils adaptés
  • pérenniser le projet d’établissement

À l’issue de cette deuxième phase, on pourra avoir une idée plus précise des autres supports à réaliser sur la même base, ainsi que d’éventuels outils d’animation et de sensibilisation.

Action(s) de sensibilisation (EN OPTION) : des sujets comme le gaspillage alimentaire ou encore les jardins peuvent ainsi faire l’objet d’un travail au sein de l’école permettant d’impliquer enseignants, parents d’élèves. En effet, que ce soit dans le cadre du projet scolaire ou des temps périscolaires, plusieurs acteurs mettent en place ou sont demandeurs de ce type d’actions. Comme évoqué précédemment, ce travail répondra aux besoins de chaque structure et pourra déboucher sur la création de nouveaux outils (temps d’animation, création de supports avec les enfants, mallette pédagogique…).

Ainsi, dans le souci de pérenniser un projet d’établissement autour des circuits courts et d’amener plus d’interaction entre les cuisiniers-ères, enseignants, personnels de l’enfance et parents, des écoles “labellisée HDA” pourront solliciter un accompagnement méthodologique pour déterminer ces besoins en sensibilisation (programme avec plusieurs temps durant l’année scolaire).

“Opération relooking cantine” (TEST à confirmer et proposé à 1 ou 2 communes) : dans la continuité de la mission du HDA et dans le cadre d’un partenariat à construire avec les étudiants de l’école de design de La Souterraine, Adrien DEMAY a proposé de mettre en place une nouvelle expérimentation : “repenser l’environnement et l’espace de restauration collective à l’heure des circuits de proximité” (cf. fiche transmise à l’école de design de La Souterraine).

A suivre…